Tu seras enceinte des seins, ma fille.

Ah ce gentil soir, où  collée à mon chéri, je sentis son doux souffle sur moi, dans le froid de Novembre réchauffer le bout refroidi de mon nez… Ah, cette chaleur étrange qui tout à coup m’enveloppe de ses tentacules bras annonçant très certainement une nuit bien réparatrice…Cette chaleur….qui fait penser que oui, oh, c’était bien beau Bali et le soleil…Bali et les cocotiers…Bali et les interminables restos, plages, cours de yoga, et champs de blé.. Cette chaleur (tiens ça commence à chauffer) qui me berce comme un bébé… (eh oh, c’est quoi ces picotements)….Chaleur qui vient de je ne sais où précisément, qui commence à me brûler….cette chaleur qui punaise c’est quoi ce truc de fou….Chaleur, eh oh, réveille-toi maintenant Baudelaire, il serait ptet temps de vérifier et de calmer l’incendie.

Alors, on pourrait croire qu’à ce moment, j’ai sursautée du lit en direction de la salle de bain, mais non, j’ai gardé les yeux fixés au plafond, comme s’il fallait que j’entende la promesse qui m’était faite d’une gentille insomnie.

Il fait noir caca dans mes yeux,  et ça parle pas beaucoup, le plafond noir. Je dirige ma voix étouffée vers le ronfleur près de moi car eh, devine quoi, un pompier, ça travaille en équipe !… Mais non, il ne travaille pas de nuit ce soir, qu’on dirait. Une catastrophe naturelle ? Une de plus, une de moins…. Fait 40 degrés à l’ombre entre la torture l’armature de mon soutien-gorge et mes pauvres bretelles surexploitées. Sûr qu’on pourrait à ce rythme faire bouillir chauffer une tasse de café sur ma poitrine, car ça y est, je vais exploser de l’intérieur de mes deux obus, je vais changer la couleur des papiers peints et ça va être l’œuvre d’art du siècle….

Mais réveille-toi bordel ! Je veux pas souffrir seule.

Alors, entre deux ronflements, le plafond moqueur qui vous fixe, voici le mot, oui celui que j’avais laissé promener tranquillement sur mes lèvres la veille, car oui, pour la première fois je n’avais pas eu de prérègles (vous savez ces jolis rond rosés au fond de la culotte qui chuchotent : on arrive, réserve-nous une serviette une place !) Le mot…qui a tout de suite reçu un revers droit de la part de ma meilleure amie qui avait statué : ‘’mais na, te fais pas de films, , c’est ton premier essai’’. Le mot…cherché et recherché sur internet avec pour acolyte inséparable, l’ami de tous, ‘’symptôme’’. Je l’adore celui-là, car il est toujours accompagné de s.  Le mot….qui me mettait dans des états contradictoires : je veux je veux pas, je suis prête, je suis pas prête, un bébé c’est la fin d’une aventure….un bébé c’est le début d’une aventure.

Ahhhhhhhhhhhhhhhhh et cette impression tout à coup que je coexiste avec ma poitrine, et que, cela ne me gênerait pas du tout de la poser là juste à côté de moi, avec toute sa lave ardeur, elle servira de bouillote au mieux.

Le mot….qui est resté dans ma tête jusqu’au petit matin, où, ne regardant ni à gauche, ni à droite, le test de grossesse à la main, je m’assieds confortablement sur le bidet ( tiens qu’il est froid celui-là), et fait pipi quitte à m’en salir les doigts ( m’enfin quand même j’ai jamais compris pourquoi le pipi était sal, mais façon de dire), je retire de ma chose (ok mon pubis), le test qui annonce sans répit, sans le moindre doute, sans les (eh euh toi t’as attendu les trois minutes, ptet que tu l’as fait trop tôt ?, c’est une barre ou deux barres), que Je suis enceinte, oui, enceinte pour de bon. M’enfin, pour l’instant, enceinte des seins.

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